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Au cœur des mystères de l’argile...
La redécouverte d’une médecine ancestrale

Par Philippe Andrianne

Collection Douce Alternative
Editions AMYRIS
avenue de la Forêt 103
B - 1000 Bruxelles

Tél : 00 32 (0)2 660 51 01
amyrisedition@skynet.be

263 pages - Nombreuses illustrations couleurs - Reliure cartonnée - Format 15 x 21 cm


Extrait de l'interview de Laetitia Missir de Lusignan pour BIOINFO

Licencié en Sciences botaniques de l’Université de Liège et enrichi d’une longue expérience dans les domaines de l’homéopathie et de la phytothérapie, Philippe Andrianne développe aujourd’hui la recherche sur les plantes et les remèdes traditionnels. Une passion intarissable qui l’a mené à publier cet ouvrage étonnant sur l’argile et ses nombreuses vertus thérapeutiques.

1. L’argile est un très vieux remède. A quoi peut-on attribuer ses vertus thérapeutiques ?

Depuis la plus haute antiquité, c’est vrai, la terre et l’eau ont toujours été utilisées pour guérir et atténuer les maux. Les Egyptiens pansaient déjà les brûlures et les plaies avec des cataplasmes d’argile et employaient cette dernière en usage interne contre les maux d’estomac, les maladies gastro-intestinales, les hémorragies de l’appareil digestif, les ulcères, le choléra. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les animaux recourent également instinctivement à l’argile lorsque blessés ou malades ils mangent de la terre et se roulent dans la boue. Quant aux vertus thérapeutiques de l’argile, elles s’expliquent par sa structure d’une part et par ses multiples propriétés physico-chimiques d’autre part. En réalité, je préfère parler « des argiles » ou des « roches argileuses », surtout quand elles s’appliquent aux soins de santé. La plupart des argiles médicales sont des phyllosilicates c’est-à-dire structurés en feuillets et hydratés d’alumine de petite taille finement cristallisés. Les phénomènes chimiques « d’absorption et d’adsorption » que vivent les argiles ou que ces derniers peuvent provoquer ont un rôle important car c’est de ces phénomènes que dépendent la qualité et les vertus thérapeutiques des argiles. Certains argiles adsorbent par exemple, les virus, les bactéries, les toxines métaboliques, etc. D’autres soulagent et aident à la guérison des problèmes gastriques, hyperacidité, brûlures, ulcères, etc. Les oligo-éléments présents dans les argiles constituent aussi leur richesse. Citons l’aluminium dont on sait qu’il régularise les troubles du sommeil et de la mémoire, stimulant les fonctions intellectuelles et aidant à la cicatrisation. Qui n’a jamais entendu parler des vertus associées au cuivre contre les états inflammatoires et anti-infectieux ? Ou encore, le germanium, oligo-élément particulier, très puissant comme régulateur des fonctions immunologiques. La liste est longue. Il est impossible de tous les citer ici.

2. Pourquoi l’argile a-t-il été oublié ?

L’argile n’a jamais été complètement oublié. La médecine moderne l’a toujours utilisé, notamment dans les cures et traitements de fangothérapie. Celle-ci utilise des boues thermales, fluviales ou marines riches en minéraux et autres propriétés intéressantes. Chaudes, par exemple, elles provoquent une action décongestionnante en profondeur du système lymphatique, une sudation importante qui entraîne avec elle des toxines, ce qui assure une désintoxication de l’organisme, et enfin, une augmentation de la respiration, de la circulation et une décontraction musculaire.

De nombreuses indications, officialisées médicalement par les centres thermaux, couvrent des pathologies telles que le rhumatisme, les maladies métaboliques des voies digestives, des voies urinaires, les troubles gynécologiques, les maladies de la peau et celle d’origine hépatique par application indirecte de boue sur le foie...

3. Quelles sont les principales contre indications dans l’utilisation de l’argile en milieu médical ?

Les principales contre-indications dans l’utilisation de l’argile se situent au niveau des précautions d’emploi et de l’interaction possible entre argile et médicaments. En effet, en cas d’administration répétée à des sujets sous traitement médical, l’argile peut diminuer l’action des médicaments, retarder leurs effets, même ceux qui ne sont pas administrés par voie orale. L’argile peut complètement neutraliser les effets de médicaments ou de produits chimiques pris en même temps. Il faut donc faire très attention ! Son interaction avec les antibiotiques, par exemple, est tout à fait prouvée : elle les empêche d’agir en les absorbant, ils sont rendus inactifs. Quant à la prise d’argile par voie interne, il est recommandé de boire suffisamment pour éviter un éventuel effet constipant. Et puis, éviter l’absorption d’argile pendant la grossesse, l’allaitement, en cas d’hernie, d’hypertension, etc.

4. Les bienfaits de l’argile sont-ils prouvés scientifiquement ?

Cet ouvrage, contrairement aux autres ouvrages sur l’argile, apporte des références scientifiques exactes des vertus de l’argile. Néanmoins, une partie des indications n’est actuellement vérifiée que par l’usage populaire et les nombreux résultats thérapeutiques obtenus régulièrement. Je cite ici le cas de l’ulcère de Buruli qui est un exemple frappant. Il n’est pas indispensable d’expliquer l’action de l’argile pour pouvoir l’utiliser correctement. Le monde scientifique a toujours besoin d’explications pour se rassurer et se sécuriser. Lorsqu’il n’y a pas d’explications, le scientifique prend peur et ignore le sujet, surtout quand celui-ci remet en cause son savoir. Il suffit de prendre le cas de l’homéopathie ou de la polémique sur la vaccination, etc.

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